Les textes que vous trouverez dans cette section proviennent de grimoires anciens, tels que le Grand Albert, le Dragon Rouge, le Dragon Noir, la Poule Noire…
La plupart des rituels ne pourront pas être effectués, compte tenu des ingrédients un peu difficiles à obtenir, mais qui étaient pourtant très répandus à l’époque : morceaux de loups, clous de cercueils, voire main d’un pendu… Nous nous opposons vigoureusement à toute forme de torture sur des animaux ou sur des êtres humains dans le but de vous munir des ingrédients nécessaires.
Par ailleurs, il arrivait aussi que les ingrédients peu ragoûtants utilisés en magie médiévale n’étaient qu’un nom parmi d’autres pour désigner tout autre chose. Les grimoires étaient ainsi « codés » et indéchiffrables pour les profanes.
Néanmoins, ces textes demeurent intéressants pour en apprendre un peu plus sur la Magie de cette époque, mais également sur les habitudes de vie des Européens médiévaux. Ces textes ne sont donc ici qu’à des fins d’information.
En cas de problème médical, veuillez toujours consulter un médecin avant de songer à une médecine alternative.
Dominicain, maître de l’université de Paris (d’où son nom de «Maître Albert»), évêque, savant, philosophe et théologien célèbre du XIIIe siècle, Albert a, de son vivant, joui du titre de «Grand» et, par la suite, de celui de «Docteur universel».
La légende lui a beaucoup prêté. Encombrée d’apocryphes, son œuvre multiforme (elle a acclimaté dans l’Occident latin les savoirs et les philosophies des Arabes et des Grecs) est aujourd’hui mieux connue et fait l’objet d’une édition critique, encore en chantier, à Cologne. Elle a subi une éclipse partielle du fait de l’œuvre, encore plus fameuse, du disciple d’Albert, Thomas d’Aquin. Étudiée pour elle-même, elle manifeste un esprit d’une vigueur et d’une ampleur exceptionnelles.
Albert, né à Lauingen (Souabe) à la fin du XIe siècle (en 1193, assure une tradition probable) d’une famille de militaires (le titre nobiliaire «de Bollstädt» est légende) au service de l’Empire, séjourne plusieurs années en Italie du Nord (Venise, Padoue) pour y étudier (les lettres et probablement la médecine). En 1223, à Padoue, il entre dans le nouvel ordre des Prêcheurs et va étudier la théologie à Cologne, où, en 1228, il se met à enseigner cette discipline. Il professe ensuite à Hildesheim, à Freiberg (Saxe), à Strasbourg et, vers 1240 ou 1241, à Paris, où il découvre les ouvrages grecs et arabes nouvellement traduits. Dès 1245, promu maître de l’université de Paris, il dirige l’une des deux écoles des Prêcheurs qui sont intégrées à celle-ci. Thomas d’Aquin y est alors son disciple.
En 1248, il regagne Cologne, où son ordre le charge de fonder l’École supérieure de théologie (Studium generale). Il en assure la direction jusqu’en 1254 (il est élu supérieur de la province dominicaine de Teutonie). En 1252, arbitre dans le conflit qui oppose la ville de Cologne et son archevêque, il inaugure cette tâche de conciliateur qu’à la demande des municipalités, des notables ou du pape il fera sienne souvent et dont il s’acquittera toujours avec succès. Déchargé en 1257 de ses fonctions de provincial, il reprend l’enseignement à Cologne. En 1259, au chapitre général de l’ordre à Valenciennes, il organise, avec Thomas d’Aquin entre autres, les études des Prêcheurs en les ouvrant aux philosophies nouvelles.
En 1260, le pape Alexandre IV le charge du diocèse de Regensbourg, qui est à réorganiser. Dédaigneux du faste et poursuivant malgré tout ses études, il y semble mal accueilli. Il présente sa démission en 1262, mais Urbain IV le garde à la curie et, en 1263, le délègue en Allemagne pour relancer la croisade. Puis il reprend l’enseignement: en 1264 à Würzbourg, en 1267 à Strasbourg et en 1270 à Cologne. En 1274, il aurait participé au concile œcuménique de Lyon. Vers 1276-1277, il aurait accompli un ultime voyage à Paris en vue d’apaiser (ce fut en vain) l’hostilité des théologiens de l’université à l’endroit de ces philosophies grecques et arabes qu’il avait plus que quiconque contribué à faire connaître. Les infirmités (perte de la vue, de la mémoire) assombrissent ses dernières années. Il meurt à Cologne le 15 novembre 1280. Honoré comme bienheureux durant des siècles, il a été canonisé en 1931 et, en 1941, proclamé patron des savants chrétiens.
Animé d’une exceptionnelle curiosité scientifique et philosophique, Albert, par ses vastes et savants ouvrages (21 in-folio dans l’édition Jammy de 1651), est un géant du XIIIe siècle. De son vivant, il a joui d’une immense réputation. Il a excellé en trois grands domaines du savoir: sciences naturelles, philosophie et théologie. La légende s’est attachée à son nom : on lui a prêté la pratique de la magie; et de multiples apocryphes, qui vont des sciences occultes aux recettes de cuisine (le Grand Albert), se sont abusivement couverts de son nom.
Le savant
Aux sciences de la nature, Albert consacre de nombreux ouvrages conçus sur le modèle de l’encyclopédie d’Aristote. Il y condense, soumis à un essai de critique, les apports des anciens, Grecs et Latins (surtout Aristote, Galien, Pline), complétés à l’aide des ouvrages arabes (d’astronomes, de mathématiciens, de médecins tel Avicenne) et surtout de multiples observations personnelles, fruit de cette expérience dont il rappelle souvent la nécessité. (De la vie et de la mort, De l’esprit vital et de la respiration, Du sommeil et de la veille, De l’âge, etc.). Après des enquêtes auprès de médecins, de sages-femmes et même, paraît-il, de prostituées, il rédige, si l’on peut dire, le premier traité de sexologie du Moyen Âge. Il a interrogé chasseurs, fauconniers et baleiniers pour son traité Des animaux, qui, aux dix-neuf premiers livres relatant les données antiques, ajoute sept livres issus d’observations nouvelles. Il offre ainsi la première description scientifique de la faune d’Europe du Nord. Le traité Des végétaux recense plus de quatre cents espèces et s’efforce de les classer. Pour rédiger son traité Des minéraux, Albert est descendu dans les mines de Saxe et, pour les questions de chimie (alchimie), il a assisté à des expériences en laboratoire. Esprit indépendant, il se déclare sceptique sur la prétention des alchimistes à transmuer des matériaux en or. En cosmologie, il synthétise et élucide les commentaires grecs et arabes d’Aristote (Du ciel et du monde, Météorologiques).
Éliminant la plupart des fantaisies mêlées à l’héritage antique, n’hésitant pas à critiquer Aristote («Qui tient Aristote pour un dieu doit croire qu’il n’erre jamais. Mais qui est convaincu que c’est un homme admet sans difficulté qu’il a pu se tromper comme cela nous arrive», Physique, t. VIII, traité 1, chap. XIV; A. Borgnet, vol. III, p. 553), Albert, au prix d’un labeur immense poursuivi avec méthode, a constitué une encyclopédie des sciences naturelles qui ne sera dépassée qu’après plusieurs siècles, à la Renaissance.
Le philosophe
L’œuvre philosophique d’Albert est de toute première importance : ses grandes paraphrases (Physique, Métaphysique, De l’âme, De la nature et de l’origine de l’âme, De l’unicité de l’intellect, De l’intellect et de l’intelligible, Du bien, Éthique, œuvres de logique) des textes d’Aristote étudiés avec les Arabes ont été le principal agent de la diffusion en Occident des philosophies grecques et arabes. Dans le monde latin jusque-là centré sur la spiritualité et la théologie, Albert a défini, le premier (mais il fut bientôt secondé par Thomas d’Aquin son disciple), la méthode philosophique : celle-ci vit d’une évidence obtenue par le travail rationnel de rattachement de toute vérité aux premiers principes évidents par soi. Elle jouit en son domaine d’une véritable autonomie, car la vérité révélée du théologien n’est pas en concurrence avec elle et demeure d’un niveau épistémologique transcendant. Tout en communiquant aux autres savoirs leur part de certitude (puisqu’elle est à la source de l’évidence), la philosophie ne les supplante pas ni ne peut y suppléer. Fait historique capital: Albert, parce que théologien, a délibérément émancipé la raison humaine et ses savoirs.
Parce que, à plusieurs reprises, Albert refuse de trancher un problème philosophique épineux comportant des difficultés opposées qu’il présente avec impartialité, on l’a taxé de syncrétisme et d’absence de rigueur. C’est là une erreur de lecture, car il ne fait ainsi qu’appliquer sa méthode : en philosophie, il revient à chacun d’élaborer pour soi-même une opinion personnelle. Albert a porté une grande attention aux doctrines néo-platoniciennes qu’il a recueillies des Arabes, de Denys et du De Causis (paraphrasé avec le traité Des causes et de la procession de l’Univers). Son génie philosophique en est pénétré et a inculqué cet intérêt aux Prêcheurs rhénans (ancêtres de la philosophie allemande): Ulrich de Strasbourg, Maître Eckhart, Berthold de Moosbourg. Au XVe siècle, un courant «albertiste», parfois opposé au thomisme, est apparu, notamment en Europe centrale.
Le théologien
En théologie, Albert peut apparaître moins original. Cependant, sa marque propre affecte tous ses ouvrages : Commentaires des Sentences de Pierre Lombard, des quatre Évangiles, de Job, des prophètes, de Denys le pseudo-Aréopagite (Noms divins, Théologie mystique, Hiérarchie céleste) ; Somme de théologie (inachevée). Il a trouvé, dans la doctrine dionysienne de la création comme théophanie (manifestation inchoative de Dieu), le motif principal de son effort pour constituer en leur autonomie les savoirs rationnels. Il use, recueillie de Denys, de la négativité néo-platonicienne pour coordonner la raison et la foi entendue comme communion intellective à une vérité qui entraîne la pensée, par-delà le niveau rationnel, vers une intuition noétique que la transcendance prive d’évidence expérimentale. Albert caractérise cette épistémologie théologique par la formule «vérité affective», qui a été mal lue par de nombreux interprètes : ils y ont vu une sorte d’affectivité psychologique, alors qu’il s’agit du «pâtir» intellectif, c’est-à-dire de la réceptivité contemplative selon Denys. La vérité affective signifie cette lumière infuse des vérités révélées qui cause la communion intellective et caritative de l’homme avec Dieu. Entrouvant à la liberté le mystère divin sans imposer à la raison aucune subordination oppressive, la lumière de la foi invite à relire les savoirs naturels sous un jour nouveau qui, à la fois confirmateur et transfigurant, se diffuse à partir de la plénitude promise dans la vision de Dieu.
Pour la première fois, le Grand Albert est édité dans son intégralité. Cette oeuvre, d’une importance capitale pour tous les chercheurs en ésotérisme, magie et alchimie, avait déjà fait l’objet de plusieurs éditions, toutes incomplètes, voires censurées. Cet ouvrage constitue donc un événement dans l’édition ésotérique, et comble une grande lacune.
Je vous souhaite bien du courage pour tenter de reproduire ce rituel médiéval 😉
« Afin d’être fortuné dans tous les jeux d’adresse et de hasard, prenez une anguille morte par faute d’eau ainsi que le fiel d’un taureau qui aura été tué par la fureur des chiens et mettez-le dans la peau de l’anguille avec un drachme de sang de vautour. Liez ensuite la peau d’anguille par les extrémités en utilisant de la corde de pendu, et mettez cela dans un fumier chaud pendant l’espace de quinze jours, puis vous le ferez sécher par la suite dans un four chauffé avec de la fougère cueillie la veille de la St-Jean. Faites ensuite de cette peau un bracelet sur lequel vous écrirez avec une plume de corbeau de votre propre sang, ces quatre lettres : H, V, L, Y. »
« Pour guérir et délivrer une personne de la Peste, on fera boire à celui qui sera atteint de ce mal une demi-once d’eau de vinette et un drachme de thériaque. Il faudra aussi prendre garde que cette mixture soit tiède ; ensuite, on couvrira bien le malade et on le fera suer ; il est certain que s’il est atteint de la Peste depuis peu de temps, il en guérira. Ce secret est approuvé de plusieurs auteurs, autant les anciens que les modernes. »
En Europe méridionale, la sorcière devait utiliser le cordon de la braguette utilisé par l’homme qu’elle voulait rendre impuissant, et y faire trois nœuds rituels en sortant par une porte. Puis des esprits étaient invoqués, parfois en regardant une étoile. Contre ce dernier rituel, le seul remède est de faire le rituel à l’envers, ce qui n’est plus possible si le cordon a été brûlé.
Ingrédients :
Un cordon de braguette
Rituel :
« Qu’on prenne la verge d’un loup nouvellement tué ; qu’on aille à la porte de celui qu’on veut lier, et qu’on l’appelle par son propre nom. Aussitôt qu’il aura répondu, on liera la verge, avec un lacet de fil blanc, et le mari sera aussi impuissant qu’un châtré, à l’acte de Vénus. »
Le Petit Albert
Dénouer l’aiguillette
Envoyé par knef sur notre forum
« On prévient ce maléfice en portant un anneau dans lequel soit enchâssé l’œil droit d’une belette ; ou en mettant du sel dans sa poche, lorsque l’on sort du lit pour aller à l’autel ; ou selon Pline, en frottant de graisse de loup le seuil et les poteaux de la porte qui ferme la chambre à coucher des époux… »
« Si l’homme trouve que sa femme est froide ou frigide et qu’elle ne se plaise pas au déduit, qu’il lui fasse manger alors des couillons d’oie ainsi que le ventre d’un lièvre, le tout assaisonné de fines épices, et de temps en temps des salades où il y ait beaucoup de roquette, de satirion et de céleri avec du vinaigre. »
« Si l’on veut obtenir l’amour d’un homme ou encore d’une femme, on se frottera les mains avec du jus de verveine, et ensuite, on touchera la personne que l’on voudra amouracher ; ce secret a souvent été éprouvé. »
Tiré du Grand Albert.
Autre méthode
« Vivez chastement au moins cinq ou six jours, et le septième qui devra tomber un vendredi, mangez et buvez des aliments de nature chaude, ceux qui vous excitent et vous emportent à l’amour.
Lorsque vous aurez atteint cet état amoureux, tâchez d’avoir une conversation familière avec l’objet qui anime si fortement votre passion, de manière à ce que cette personne puisse vous regarder fixement, vous et elle seulement l’espace d’un Ave Maria. Les rayons visuels se rencontrant mutuellement deviendront de si puissants véhicules d’amour qu’ils la pénétreront jusqu’au cœur, et même la plus grande fierté et la plus grande insensibilité ne pourront leur résister. Comme il est assez difficile de réduire une fille pudique à regarder fixement un jeune homme durant quelque temps, on pourra l’obliger d’agir ainsi en lui disant, par exemple, que l’on a appris un secret de deviner par les yeux si l’on doit être bientôt marié, ou si on vivra longtemps, ou n’importe quoi de similaire qui piquera la curiosité de la personne de façon à ce qu’elle puisse regarder fixement. »
« À la femme trop convoiteuse, on donnera une mixture composée du membre viril d’un taureau roux réduit en poudre avec le poids d’un écu de cette poudre dans un bouillon composé de veau, de pourpier et de laitue, et on ne sera plus importuné par la femme, mais au contraire, elle aura de l’aversion pour l’acte vénérien. »
Il arrive que l’on doive s’absenter de la maison pour longtemps, et ceux-là qui ont des femmes suspectes et sujettes à caution pourront, afin de se sauvegarder du cocuage, pratiquer ce qui suit…
Il faut tout d’abord prendre un peu des cheveux de la femme et les couper très finement comme de la poussière. Puis, ayant ensuite enduit le membre viril avec un peu de miel et jeté la poudre des cheveux dessus, on procédera à l’acte vénérien avec la femme. Aussitôt, elle aura un très grand dégoût pour les rapports sexuels. Si l’homme veut la faire revenir de cette aversion, il prendra ses propres cheveux et les coupera en poussière comme précédemment, et, après avoir oint son membre viril avec du miel et un peu de civette, et l’avoir saupoudré de ses propres cheveux, il procédera à l’acte avec consentement de la femme et le sortilège sera renversé.
« Procurez-vous le bout du membre génital d’un loup avec le poil de ses yeux et celui qui est à la gueule en forme de barbe et réduisez le tout en une fine poudre par moyen de calcination. Faites avaler ensuite cette composition à la femme à son insu, on pourra dès lors être assuré de sa fidélité. La moelle de l’épine du dos d’un loup procure le même effet. »
« On retrouve assez souvent au front du poulain de la cavale un morceau de chair qui est d’un merveilleux usage pour les causes d’amour.
Si on peut avoir la chance de se procurer ce morceau de chair, que les Anciens nomment hippomane, on le fera sécher dans un pot de terre neuf verni, dans un four quand le pain est tiré, et on le portera sur sa personne en prenant soin de le faire toucher à la personne dont on veut obtenir l’amour. S’il est possible d’avoir la commodité d’en faire avaler ne serait-ce que seulement la taille de deux petits pois, dans quelque liqueur que ce soit, ou dans de la confiture ou encore du ragoût, l’effet sera encore infaillible. Comme le vendredi est le jour consacré à Vénus qui préside aux mystères de l’amour, il est recommandé de parfaire cette expérience en ce jour-là. »
« L’utilisation d’une pommade composée d’oing de jeune bouc en conjonction avec de l’ambre gris et de la civette produit le même effet si on en frotte le gland du membre viril, car cette pommade produit un chatouillement qui apporte un plaisir merveilleux à la femme dans l’action du coït. »